Gaby a préféré écrire des chansons plutôt que d’aller chez le psy. Alors sur le divan confortable de la chanson française, Gaby, chanteuse et songwriteuse, parcourt ses questionnements existentiels et ses névroses qu’elle délivre de sa voix chaleureuse, sa guitare en bandoulière, sa candeur en filigrane.

Dans sa nouvelle chanson “Sucré Salé, Gaby illustre les troubles alimentaires, les siens en écho à ceux des autres. “J’ai commencé les régimes à 13 ans alors que je n’étais même pas en surpoids. À l’adolescence, j’ai fait mes premières crises. J’ai été dépressive, boulimique et hyperphagique. Puis j’ai vécu seule, sans contraintes ni surveillance, ouvrir la porte du frigo en pleine nuit ne réveillait plus personne. Les troubles ne m’ont jamais quitté, amplifiés par les confinements.” La nourriture comme anxiolytique, Gaby essaie alors l’hypnose et la psychothérapie, sans succès.

Elle trouve finalement son issue dans le sport qui l’aide à renouer avec son corps, celui d’une femme trop longtemps guidé par des diktats. Mais pour Gaby, la solution est propre à chacun-e et prendre le temps de trouver la sienne, c’est la véritable solution. Dans un clip bariolé, Gaby explique ses maux attablée à un un somptueux buffet. Sur cette nappe rose bonbon où trônent d’appétissants gâteaux pâtissiers, rien ne coule ni ne déborde. Un surplus de nourritures rigoureusement disposé, dégusté jusqu’à l’écoeurement.

D’abord avec des couverts en argent, puis avec les doigts à même le plat. La beauté du clip contraste alors avec le dégoût, l’opulence et la honte aussi. Le décor enchanté s’effondre alors : “En essayant de garder le contrôle sur ce que tu manges, tu finis par le perdre entièrement”. Une chanson pour comprendre, pour soutenir aussi, pour prévenir surtout.